Un dimanche de chasse

Bruno Liaboeuf est passionné par sa forêt. Il gère son domaine en bon père de famille, donnant une attention particulière à chaque plantation, presque chaque arbre. Mais depuis quelques temps, les jeunes arbres sont abîmés par les grands animaux (chevreuils, sangliers). Qu’a cela ne tienne, sylviculture rime avec cynégétique ; gestion de la forêt avec gestion de la faune. Un plan de gestion est mis en place pour maitriser le nombre d’animaux. Bruno Liaboeuf est aussi un grand amateur de chasse, il est membre du Conseil d’administration de la fédération de chasse du Calvados.

 

Alors dimanche, il a invité des amis pour une première chasse chez lui. Tous des amis, car il n’est pas question d’argent aujourd’hui. Ce n’est pas une chasse payante comme il y en a tant. Avec des tarifs qui font tourner la tête : 7 000, 10 000, parfois 15 000 € par an pour avoir le droit de chasser ! Avec de tels prix, normal que les payeurs attendent un retour sur investissement !

 

Mais pas ce dimanche. L’ambiance est très chaleureuse. Les anciens m’accueillent avec ferveur, les plus jeunes sont plus réservés face au photographe. Ils ont tous revêtu leur uniforme de chasse. Difficile alors de savoir qui ils sont dans la vie. Car sous leur habit vert et gilet orange, ils sont agriculteurs, commerciaux, cardes d’entreprise, hauts fonctionnaires, retraités, artisans, commerçants, chefs d’entreprise ou salariés … un mélange de genres que l’on retrouve dans peu d’endroit et qui crée une ambiance particulière. Plus de classe sociale apparente, tous des chasseurs égaux avec cette passion « inscrite dans leurs gènes » comme me dira l’un d’eux.

 

La chasse de Bruno Liaboeuf est organisée de manière rigoureuse : vérification des permis et assurances, désignation des équipes et de leur positionnement, mise au point des parcours des chiens, rappel des consignes de sécurité et indication du type et nombre d’animaux autorisé à tirer. Pour cette première chasse, quatre chevreuils mâles adultes et pas de limite pour les sangliers.

 

Les équipes partent se positionner pendant que le Lieutenant de la meute de chiens et son équipe de rabatteurs (les piqueurs) commencent leur travail : débusquer les animaux et les diriger vers les équipes de chasse. Les chiens, courent en rond, flairent et aboient lorsqu’ils ont trouvé une piste. Les rabatteurs sonnent et hurlent des ordres, marchent, courent derrière la meute. On progresse suivant un schéma bien établi, rien n’est laissé au hasard. Sauf les réactions des animaux. Certains partent dans le sens opposé de celui voulu, d’autres restent cachés, certains réussissent à prendre la fuite au-delà du périmètre de chasse sous le regard surpris des chasseurs.

 

En fin de matinée, autour d’un pique-nique partagé on fait le bilan : un seul chevreuil tué. Certains chasseurs ont passé 4 heures à l’affût sans voir un seul animal. Alors on raconte les coups de fusil ratés, les chasses spectaculaires, les histoires de lutte à main nue face à l’animal, les histoires de chasse…

 

Le fruit de la chasse est préparé et partagé entre tous de manière équitable. Bruno Liaboeuf y veille. Chacun aura sa part sur la saison de chasse. Une façon de remercier, si cela était nécessaire. Car le plaisir de se retrouver aussi simplement autour de leur passion commune est pour beaucoup une satisfaction qui se suffit à elle-même.

 

Le 6 novembre 2013

Pour lancer le diaporama, cliquez sur les images

 

Écrire commentaire

Commentaires : 3
  • #1

    joshi daniel (vendredi, 08 novembre 2013 06:25)

    image 6 is so lovely :)

  • #2

    duke (vendredi, 08 novembre 2013 13:58)

    Très beau reportage ( texte & photos ).
    J'ai des très mauvais souvenirs de chasses étant enfants... Deux chasseurs passablement alcoolisés, nous pris pour cibles mon frère et moi ;-)

  • #3

    helene (vendredi, 22 novembre 2013 18:36)

    super topo d'une organisation et tounée de chasse... avec une ambiance qui se ressent bien! La chasse elle-même , se révèle ici "belle ballade"où les chiens se regalent aussi. Pour moi, ravie qu'il n'y ait pas de coups de fusils...(ds ma mémoire,ça fait choc)Le tout sympa !